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dimanche 7 septembre 2014

La vie d'artiste

Je ne sais pas trop si je veux m'investir dans une recherche de travail à port douglas mais je voudrais rester dans le coin avec les copains. Je vivote d'une certaine manière, à dormir dans le van et manger des nouilles, faire des feux sur la plage plutôt que de sortir dans les bars. Je voudrais aller dans cette communauté hippie vers cape york dans la jungle et me débrouiller avec un sac de riz. Ça serait une expérience extra, mais je redesent, il faut que je trouve de l'argent, ça fait 3 mois que je voyage et j'ai acheté le van, le budget me rattrape. Je traine dans le port pendant la matinée pour tomber sur les bonnes personnes me donnant des tuyaux pour bosser sur les bateaux. Imaginez, servir des cocktails sur un voilier en départ quotidien vers la grande barrière de corail, équiper des plongeurs, ou même laver des ponts, c'est la freaking classe. Malheusement, le milieux est assez fermé, surtout à port douglas, les équipes sont faites pour la saison et comme d'habitude il faut 5 permis australien pour pour curer des chiottes du moment que l'embarcation flotte. Les jobs interessant sont pour les visas de plus longue durée ou pour les enfants du commonwealth. Un petit besoin de décompresser et de passer les heures en implorant le karma de changer de direction (ou bien "la routourne de tourner" merci F. Ribéry).

L'art étant ce que personne ne contrôle vraiment à ta place, je me pose sur un ponton, maitre de moi même et des lignes que je trace. Ma chaise pliante, un crayon et un beau voilier français et la fin de mon sketch se termine par le couché de soleil. La propriétaire descend (ou débarque) de ce qui est ça maison pour jeter un œil et elle est impressionnée. Elle voudrais que je lui vende mon travail. C'est bien le dernier truc que j'attendais. Très gentille, elle me donne du papier à dessin grand format et des crayons que ses petits enfants n'utilisent plus. Je reviens donc le lendemain avec le sourire et une mission temporaire, dessiner des bateaux. C'est bizarre cette pression, l'obligation de réussite alors que jusqu'à aujourd'hui c'était un hobby exempt de contraintes. Les passants font leur boulot, ils passent et les voyeurs voyent (c'est plus intense que voir, du style vraiment regarder avec insistance mais avec une technique furtive mais pas très fine comme quand tu mates un décolleté en prétendant admirer seulement les contours gracieux d'une robe). Je reçoit beaucoup de compliments et même l'espoir de quelques commandes supplémentaires. Le boss d'une entreprise de croisière de luxe (sailaway) voudrait me donner une chance et troquer un voyage contre ma griffe. Le plan est plutôt cool, nager avec des tortues vertes jusqu'aux low islands, visiter le phare qui veille sur la barrière de corail et enfin revenir au couché de soleil avec une flûte de champagne. J'accepte l'offre avec joie et avec une condition : avoir un deuxième ticket pour rendre une blonde heureuse (je vous avait prévenu à propo du côté arty exigeant, les rockstar n'ont peur de rien surtout si c'est osé). Il est ok, par contre, il va falloir assurer pour mériter cette journée à 440 balles. J'affûte mon style très détaillé et je me prends au jeu. Je suis artiste indépendant, je chante et j'écris, je créé et je gratte. Je suis toujours un cafard de backpacker mais maintenant j'ai des gallons de Montmartre qui brillent le long des pontons de la marina. De l'art ou du cochon, tout est bon alors commentez mes travaux si l'envie de la critique artistique vous tente.

mardi 5 août 2014

Mossman gorge

Pour changer de l'ennui qui commence à s'installer à port douglas, Christelle, Ellen, Tristan et moi même embarquons dans Cajou pour Mossman, le village d'à côté ou se trouve une gorge classée à l'UNESCO. Les places couchettes à l'arrière semblent plaire, le trajet est rapide, une vingtaine de kilomètres entre les champs de canne à sucre et nous sommes devant ces montagnes luxuriantes d'où coule de l'eau claire sur les éboulements de granit gris. Ma connaissance des plantes et des animaux rend la marche plus intéressante, je rêverais d'une machette et de matos de survie, me perdre dans la jungle et chasser ce dindon sauvage pour le transformer en brochette. On voit un bandicoot (la grosse souris kangourou sur la photo) qui viens faire un bisou à la caméra, un Ulysse butterfly (grand papillon bleu) plus plein de plantes cool (si on peut dire qu'une plante peut être cool). Ya pas à dire cest chouette comme coin, je pense revenir pour un footing ou un trail d'exploration. On se baigne dans une petite crique tranquille où on s'envoie un sandwich revigorant. Pour finir la boucle Tristan et moi décidons de descendre le cour de la rivière en sautant de pierre en pierre, histoire de s'entrainer aux sports d'adresse et d'équilibre. A l'arrivée, on plonge comme des gosses depuis des gros cailloux, en plus, ça me fait office de douche de mariner dans de l'eau claire. Ça me fait penser au film Les visiteurs : "j'ai pris une douche la semaine dernière dans la rivière". N'empêche que je suis propre.

Un truc super degeu et pas très drôle, je me suis fait sucer contre ma volonté. Une saleté de sangsue ou vers à ventouse s'était accroché entre mes doigts. Flippant. Toujours dans le sujet bucal, sur le chemin du retour je trouve une orange sauvage pas très mure que je decroche de l'arbre mais ça fait l'affaire quand c'est accompagné quelques mordillages dans de la canne à sucre. Alors, elle est pas belle la vie?