Je fais mon essai à sailaway le mercredi 20 août avec Tammy, Kate et Alex le skipper. L'équipe parfaite pour apprendre et s'éclater au paradis. Je met toute la concentration disponible à retenir les nombres, les procédures, les habitudes et les tâches de chacun (et il y en a beaucoup) tout ça en gardant le sourire et l'équilibre sur le pont mouillé. "Il faut nettoyer, balayer, astiquer, la maison est toujours pimpante." Charger le bateau de nourriture et de boissons puis préparer le petit déjeuner. Après avoir embarqué les 33 personnes max, on leur fait un petit briefing de sécurité rigolo au cas où un iceberg venait à croiser notre route. Le miens est toujours funky et pimenté. Parce-que rire trace les bonnes rides et ne fais pas brunir les dents, je m'en donne à coeur joie, mes client passent de bons moments sur le rif. C'est samedi soir pour le centre de gravité et je fais la vaisselle dans la cabine, je vais devoir vite m'habituer à m'éclater les anches contre les placards et avoir la peau plus que bronzée. Je fais attention au soleil, le Queensland est l'État détenant le triste record du plus grand nombre de cancer de la peau. Bref, que je le veuille ou non, je me transforme en petit caramel rôtit peigné blond surfeur avec mon short de bain rouge comme dans alerte à Malibu (bay watch). La plage est ceinturée d'une multitude de coraux blancs et coquillages broyés formant un sable grossier au reflets de nacre. Dans leur retrait, les vagues lèchent la pente douce de la rive guidant vers un monde merveilleux et éclatant de couleurs vives. Un paradis de vie qui pétille et danse sur la toile de réfraction du soleil. J'aimerais que que vous voyez ça. Cette vie et son battement fou. Ces formes et ces textures mêlées.
J'ai toujours aimé observer la nature, m'insérer comme un maillon dans un écosystème d'où cette pyramide crue t'inclue dans sa ronde de Phoenix. Vivre, brûler et s'écrouler. Laisser des paillettes dans ses empreintes et remercier sa naissance en nourrissant son prochain, non pas en succombant à son ennemi. C'est comme ça que je vois cet équilibre de la vie. Si on arrêtait de nous moisir l'image de requins dangereux ou de fratrie némo sans défense il y aurait bien moins d'accidents et de massacres inutiles. Cette conscience de la vie - donc de son auto-défense - pousse à analyser les comportements de ses protagonistes, les signes et les couleurs de ce qui nous entoure. Comme un poisson dans l'eau, je mime leur ondulation et leur déplacement, ça aide à se faire assimiler, donc de vraiment "voir" d'un troisième œil. L'attitude positive étant la clé du respect entre humains, il semble que la translation mimétique entre espèces aie du sens. Certains savent comment j'utilise des mouvements de cabri dans les montagnes ou de singe pour sauter dans les arbres. On en connait tous un rayon sur l'endroit où on habite, je n'ai donc pas la prétention d'apprendre à nager à un croustibat. On a bien plus à (a)pprendre qu'a laisser avec nos cerveaux de ventards surdéveloppés. Nulle infériorité ne devrait se faire ressentir, c'est comme ça que je tisse des liens avec certaines tortues. Et tout les autres. Ils vont me manquer aussi. Ils vivent dans leur paradis bleu, leur maison qu'ils partagent et je les en remercie.
J'espère vous donner un aperçut de mon bureau, représentatif de sa beauté et de sa fragilité touchante dont chacun de nous est responsable de son état. Viens alors le moment jouissif de mouiller son short et de plonger dans un océan de bonheur.
Blog de voyage, traces de visites, rencontres impromptues, paysages somptueux... Écrit sur un ton humoristique, parfois satirique, je vous invite dans ma vie, mes aventures, mes joies, mes peines à travers ce blog.
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samedi 20 septembre 2014
Boulot à la grande barrière de corail
Hissez haut matelot!
Ce post donnera ma meilleure définition du visa vacance travail. Voici donc l'incroyable histoire australienne du job de rêve à la grande barrière de corail.
Le patron de sailaway (Steve) pour qui je dessine, m'appelle pour faire de la rénovation sur un de ses bateau mis à sec à Cairns. Comme je l'espérait depuis un bout de temps, je fini enfin par mettre un pied dans le monde de la mer pour un peu de cash et une expérience sur les chantiers navals. Avec Tammy -ma collège sud africaine- on repeint la coque du sailaway 4, un catamaran français effectuant des croisières de plongée journalières vers les low isles (îles de la barrière). On avance bien même si la journée est un peu longue. Assis sur une caisse, je lustre cette ancre de 20kg avec passion, les biceps de Popeye poussent et Jacques Brel avec son port d'Amsterdam résonne dans ma tête. Ça ne sent pas encore la moule, mais j'y travaille. Le boss doit apprécier mon autonomie et mon goût du travail bien fait, je suis heureux de bosser et d'avoir eut ma journée remplie de la sorte. Sur le chemin du retour, on a des conversations portant sur le business touristique et sur les produits qu'il offre sur ces bateaux. J'aime bien voir l'organisation et les plans que font les chefs d'entreprises, c'est plein d'idées et de sens sur du long terme.
Le lendemain, je zone à target et je reçoit un coup de fil complètement imprévu, Steve de sailaway:
"Salut Clem, si tu n'est pas occupé ça te dirait de travailler en temps qu'équipage avec nous sur les bateaux?"
Je saute littéralement de joie dans les rayons en réalisant ce qui est en train de se passer. J'ai plus beaucoup d'argent et j'ai besoin de rêver. Provoquer la chance et croiser tout les doigts en attendant activement que les nuages passent puis enfin la lumière arrive quand j'en ai besoin. Ma bonne étoile est une galaxie et l'effet papillon me fait battre des ailles. Après tout, la chance n'est qu'une question de persévérance avec un peu d'ingéniosité.
Je vais vous laisser en rage un bon moment avec mes photos à la national géographic et les petits potins de la croisière s'amuse. Mais bon, faut bien parler boulot de temps en temps, c'est pas toujours les vacances quand même.